À la lecture des documents budgétaires de la période 2022-2026 de la commune urbaine d’Agadir, l’activité touristique s’affirme désormais comme l’un des socles structurels des recettes de la ville. La destination bénéficie d’une conjoncture favorable.
En 2025, elle a ainsi franchi le seuil de 1,5 million d’arrivées et 6,3 millions de nuitées, avec un taux d’occupation moyen de 66%. En quatre ans, les recettes sont ainsi passées de 550,2 millions de dirhams (MDH) en 2022 à un pic historique de 818,3 MDH en 2025.
Au-delà des quatre taxes majeures générant plus de la moitié des recettes (taxe sur les services communaux, taxe professionnelle, TVA et taxe sur les terrains non bâtis), celles relevant spécifiquement du tourisme décrivent une trajectoire ascendante pour la seconde moitié de l’année.
Et malgré les défis structurels auxquels est confronté le secteur touristique, notamment la question des hôtels fermés, cette expansion témoigne d’une forte capacité à générer des ressources propres à même de financer le Programme de développement urbain (PDU) 2020-2024 et le Plan d’action communal (PAC).
La taxe de séjour, indicateur vital de la santé touristique
Au cœur de cette dynamique, la taxe de séjour fait office de baromètre de la vitalité économique locale. Entre 2022 et 2023, ses recettes sont passées de 25 à 33 MDH.
L’exercice 2025 marque une rupture majeure : les documents de programmation de l’excédent réel, présentés en février 2026, font état d’un encaissement réel de 39,14 MDH, soit une hausse de 22% par rapport aux prévisions (7,1 MDH). Une performance portée par les flux de cinq marchés clés (national, britannique, français, allemand et polonais) et un aéroport captant 10% du trafic national.
Cette manne, corrélée aux nuitées hôtelières, confirme le fait que l’attractivité d’Agadir constitue désormais une source de revenus stratégique. Elle permet à la ville de dégager des excédents réinjectés dans la mise à niveau urbaine, grâce également à l’amélioration des mécanismes de recouvrement des percepteurs communaux.
La taxe sur les débits de boissons et les loisirs
Parallèlement à l’hébergement, l’économie de la «vie nocturne» et des loisirs apporte une contribution décisive. La Taxe sur les débits de boissons a suivi une progression constante, grimpant de 18 MDH en 2022 à plus de 21,6 millions en 2025.
De même, les produits du casino ont vu leurs recettes admises passer de 15 MDH en 2022 à 16,5 millions sur la période 2024-2025. Ces chiffres démontrent que les activités de divertissement deviennent des leviers fiscaux aussi essentiels que l’hôtellerie classique.
Cette surperformance globale a permis de dégager un excédent réel record de 234,7 MDH, acté en février 2026. Ce résultat est immédiatement réinvesti dans des projets structurants, consolidant ainsi le cercle vertueux entre performance touristique et développement métropolitain.
Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO