Cette source de pollution continue d’altérer la qualité des eaux de baignade, empêchant la labellisation des plages du Grand Agadir. C’est pourquoi ce marché, dont le délai d’exécution est fixé à 12 mois, revêt une importance cruciale pour la protection de l’environnement côtier et la santé publique.
En effet, dans cette destination touristique de premier plan, la présence d’émissaires en mer nécessite une surveillance constante en vue de s’assurer que les rejets n’impactent pas négativement l’écosystème marin proche ni la qualité sanitaire des zones de baignade adjacentes ou voisines.
Ce marché porte sur l’exécution de prélèvements et d’analyses physico-chimiques et biologiques des eaux marines autour des émissaires. Il a pour objectif de fournir à la SRM-SM les données scientifiques indispensables pour évaluer l’impact des émissaires, détecter d’éventuelles anomalies et prendre les mesures correctives nécessaires. Il s’agit d’une démarche proactive essentielle pour la gestion environnementale et le maintien de l’attractivité de la destination Agadir.
Une multitude de sources de dégradation
Le niveau de vulnérabilité de la zone de baignade d’Agadir est qualifié de fort sous l’influence, principalement, des déversements industriels de la zone d’Anza. Ladite zone continue de subir l’impact de plusieurs rejets en mer déversés en majorité par les unités industrielles de conserves et de farine de poisson, et l’industrie de l’huilerie. Et bien que la zone de baignade d’Agadir soit située en milieu ouvert, favorisant la circulation et le renouvellement des eaux, la vitesse et la direction du vent ont un effet direct sur le déplacement de ces polluants vers la plage d’Agadir.
De ce fait, les déversements d’Anza, chargés en matières organiques et en sel atteignent facilement cette zone de baignade, altérant la qualité des eaux de baignade. La plage d’Agadir est sous l’influence aussi des activités portuaires, notamment l’enceinte portuaire d’Agadir et le port de plaisance. Ces derniers, bien que disposant de leurs stations de traitement, déversent leurs rejets dans le réseau d’assainissement. Il s’agit sans doute de vidanges d’hydrocarbures liquides en raison de la concentration de bateaux dans les deux ports.
De plus, la plage d’Agadir voit sa contamination augmentée par les hydrocarbures compte tenu de la concentration de bateaux dans le port de pêche lors de la période de repos biologique. Il s’agit essentiellement d’huiles usées, de boues mazoutées et d’eaux de cales de bateaux. Le constat est le même pour le port de plaisance où l’activité des croisières touristiques s’est multipliée avec la pratique des activités de jet ski.
S’agissant du port de plaisance – lieu de cale des plaisanciers, dont certains restent occupés pendant tout leur séjour -, il est aussi sujet de pollution ménagère. De surcroît, les dépôts de conteneurs poubelles, situés près de la digue du port, participent à accentuer le degré de pollution après ruissellement de lixiviat vers la mer du côté nord de la plage.
Des écoulements en temps sec à la plage ?
D’autres sources sont également identifiées comme l’une des sources polluantes de la plage, notamment les rejets d’oueds durant les périodes de pluie. Le réseau d’eaux pluviales, de par la présence d’un exutoire au niveau de la zone de baignade, peut être responsable d’apports de pollutions bactériologiques lors d’événements pluvieux.
Néanmoins, cet exutoire présente des écoulements par temps sec dont l’origine et le débit sont inconnus, ce qui provoque périodiquement le mécontentement des estivants. À cela s’ajoutent les rejets d’eau usée véhiculée par les cours d’eau débouchant dans la plage d’Agadir. Sont également à incriminer cinq cours d’eau (Oued Lghazoua, Oued Tildi, Oued Tannout, Oued Lahouar et Oued Souss), qui jettent leurs rejets dans la plage en cas de précipitations et de fortes crues.
Stations de refoulement et de relevage… des dysfonctionnements
L’autre source de pollution, et non des moindre, est l’impact engendré lors du dysfonctionnement des stations de refoulement et de relevage dans la zone touristique et balnéaire, mais aussi dans le Grand Agadir ; les rejet des eaux usées non totalement traitées par la STEP de M’Zar dans la mer, au sud de l’embouchure d’oued Souss ; et la carence d’assainissement liquide surtout dans les communes situées au nord d’Agadir.
Par ailleurs, d’autres activités nuisibles affectent la qualité des eaux de baignade, notamment la présence de chiens errants, en plus de l’inadaptation des ouvertures des blocs sanitaires avec les activités ludiques et sportives des usagers sur la plage d’Agadir.
Partant de ce constat, le profil des eaux de baignade d’Agadir avait déjà nécessité plusieurs actions (mesures prioritaires et complémentaires). Cependant, les sources identifiées de dégradation continuent toujours d’altérer la qualité des eaux de baignade en l’absence d’un plan de gestion intégré pour traiter l’ensemble des problématiques, lesquelles dépassent les seules communes.
Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO