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LE TOURISME VECTEUR DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL. MOYEN JUDICIEUX DE RAPPROCHEMENT DES CIVILISATIONS ET DES HOMMES


Hamid Bentahar, président de la Confédération nationale du tourisme détaille les leviers de croissance du secteur, met en garde contre le déficit de capacité hôtelière et plaide pour une accélération de l’investissement dans le secteur.


Hamid Bentahar
Hamid Bentahar

Les recettes touristiques battent des records. Cette hausse tient-elle d’abord à l’afflux de visiteurs ou à une hausse de la dépense moyenne par séjour ?
Les deux progressent, mais pas au même rythme. Les arrivées augmentent, c’est clair, mais les recettes croissent encore plus vite. Cela signifie que la dépense moyenne par visiteur monte aussi. C’est un point important. La stratégie actuelle ne vise pas seulement le volume, mais la valeur. La diversification de l’offre, le divertissement, la culture, la restauration, les loisirs — tout ce qui entoure le séjour — tirent la recette moyenne vers le haut.

La durée de séjour s’allonge-t-elle aussi ?
Elle progresse graduellement, portée par l’élargissement de l’offre d’expériences. Plus une destination propose d’activités structurées, plus le visiteur a tendance à prolonger son séjour. La montée en qualité de l’offre et l’investissement dans le capital humain jouent directement sur cet indicateur.

S’agissant du parc hôtelier, le Maroc dispose-t-il des moyens nécessaires pour absorber la demande à l’horizon 2030 ?
Certaines destinations sont déjà sous tension. Marrakech et Agadir dépassent régulièrement les 70% de taux d’occupation. À ce niveau, la question se pose de savoir où loger la demande additionnelle. Une partie se reporte sur d’autres villes, mais une autre, faute de disponibilité, finit par choisir une destination concurrente. Pour le secteur, le manque à gagner est immédiat.

Faut-il, du coup, agir davantage sur l’offre ?
Il faudrait agir sur la capacité d’accueil. Il faut accélérer les projets, libérer le foncier, simplifier les parcours d’investissement et accompagner les opérateurs. Faute de quoi, la croissance finira par stagner.

Sur une destination comme Marrakech, quels leviers concrets peuvent soulager la pression ?
L’un des axes consiste à s’appuyer sur des projets structurants. Le futur Palais des congrès et des expositions en est une illustration. Ce type d’infrastructure peut lisser l’activité sur les jours plus creux de la semaine et contribuer à relever le taux d’occupation. Mais le levier, à lui seul, ne suffira pas. L’équation passe aussi par de nouvelles capacités d’hébergement et par une répartition plus équilibrée des projets à l’échelle d’un territoire élargi.

La location à courte durée est une solution d’hébergement alternatif…
C’est un segment complémentaire, à condition d’être intégré dans le cadre formel. Il doit être déclaré, réglementé, et répondre aux règles fiscales. Il ne s’agit pas de l’opposer à l’hôtellerie, mais d’assurer des règles équitables. Tous les segments ont leur clientèle. Le marché devient hybride, avec des projets mixtes qui combinent résidentiel, hôtelier et divertissement.

La hausse des arrivées repose beaucoup sur les nouvelles liaisons aériennes. Ce modèle est-il durable ?
Le levier aérien est central. La demande pour le Maroc est très supérieure à ce que nous convertissons aujourd’hui. Chaque investissement dans la connectivité produit un effet immédiat sur les arrivées. Les résultats récents le démontrent. Maintenir une croissance à deux chiffres suppose de continuer à investir dans l’aérien.

Vers quelle direction le tourisme doit-il se tourner dans les prochaines années ?
Vers un modèle diversifié et à plus forte valeur ajoutée. Le tourisme doit irriguer l’ensemble des territoires, pas seulement les grandes destinations. C’est un secteur capable de créer de l’emploi dans les zones rurales, montagneuses ou désertiques. Il a aussi un effet diffus sur toute la chaîne de valeur locale. La prochaine étape consiste à transformer cette dynamique en croissance durable et mieux répartie sur l’ensemble du territoire national.

PAr  Ayoub Ibnoulfassih / Les Inspirations ÉCO


Par Med Mohamed Rial le Mercredi 11 Février 2026


L’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) entame l’année 2026 sous le signe de la confiance. Réuni le mardi 27 janvier 2026, son Conseil d’Administration a dressé le bilan d’un exercice 2025 exceptionnel et validé les grandes orientations stratégiques ainsi que le projet de budget pour l’année à venir, dans un contexte de forte dynamique du secteur touristique national.


Tourisme /l’ONMT : L’office clôture 2025 en beauté et et trace une trajectoire ambitieuse pour 2026

Présidée par la ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie Sociale et Solidaire, Fatim-Zahra Ammor, cette réunion a mis en lumière des performances qui dépassent les tendances mondiales et confirment la solidité structurelle du tourisme marocain. Dans son allocution d’ouverture, la ministre a insisté sur le caractère durable de cette dynamique :

« Ce que nous observons aujourd’hui dans le tourisme n’est pas circonstanciel, mais structurel. Depuis 2021, et sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, des décisions fortes ont été prises à des moments décisifs. La feuille de route 2023-2026 en est l’illustration concrète. Notre ambition est de bâtir un tourisme performant, durable et bénéfique à l’ensemble des Marocains, dans toutes les régions, urbaines comme rurales. »

Des indicateurs en forte progression

L’année 2025 marque un tournant pour la destination Maroc. Près de 20 millions de touristes ont été accueillis, soit une progression de 14 % par rapport à 2024. Les recettes touristiques ont atteint 124 milliards de dirhams à fin novembre, en hausse de 19 %, tandis que les nuitées globales ont progressé de 9 %. Des résultats qui confirment l’efficacité des actions menées par l’ONMT dans le cadre de la feuille de route 2023-2026 et renforcent la position du Royaume parmi les destinations les plus compétitives de la région.

La connectivité aérienne comme levier stratégique

Cette dynamique a été largement soutenue par le renforcement de la connectivité aérienne. En 2025, la capacité a progressé de 12 %, pour dépasser les 12 millions de sièges. L’ouverture de nouvelles lignes long-courrier, notamment Atlanta-Marrakech, la création de bases aériennes au Maroc et le développement de partenariats avec des compagnies internationales ont contribué à améliorer significativement l’accessibilité du Royaume.

Un marketing touristique modernisé et orienté data

Le Conseil d’Administration a également salué la montée en puissance du nouveau dispositif de marketing touristique, fondé sur une approche digitale et data-driven. Le programme « World Class Marketing », combinant campagnes multicanales, marketing d’influence et contenus à forte valeur ajoutée, a permis de renforcer la visibilité et la notoriété de la destination Maroc.

Cette stratégie s’est traduite par des activations ciblées en lien avec de grands événements culturels, sportifs et institutionnels accompagnés par l’ONMT. La campagne « Maroc, Terre de Football », déployée à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations, a illustré l’efficacité de cette approche intégrée au service de l’attractivité des territoires.

Cap sur 2030

Au terme des travaux, le Conseil d’Administration a validé le Plan d’Actions 2026 ainsi que le projet de budget associé. Ces orientations s’inscrivent dans l’objectif d’atteindre 26 millions de touristes à l’horizon 2030, d’accélérer la digitalisation, d’intégrer l’intelligence artificielle et de promouvoir une croissance touristique responsable, durable et créatrice de valeur.

Le rapport d’activité et le bilan financier de l’ONMT pour l’exercice écoulé ont également été approuvés à l’unanimité, de même que les projets structurants inscrits dans la feuille de route du secteur.

Fort de ces résultats et de cette vision stratégique, l’ONMT aborde 2026 avec ambition, déterminé à transformer la performance touristique en un moteur durable d’attractivité, de développement territorial et de rayonnement international pour le Maroc.

Source: /lecanardlibere.ma


Par Med Mohamed Rial le Dimanche 8 Février 2026


La destination Agadir est confrontée à trois défis liés à sa capacité litière : résorber les fermetures cumulées d’hôtels, débloquer les chantiers à l’arrêt et accélérer la rénovation. Actuellement, le déficit comptabilisé est de 6.500 lits. Il est dû à la fermeture de 19 hôtels et au blocage de plusieurs chantiers pour des raisons liées, notamment, au manque de visibilité. Parallèlement, un appel à manifestation d’intérêt a été lancé pour la subvention des rénovations. Ce mécanisme, destiné à redynamiser l’offre existante, a déjà profité à 13 bénéficiaires par le passé. Objectif : restaurer l’offre hôtelière et accompagner durablement la croissance touristique de la région.


Agadir : la délicate équation de la capacité litière

1,5 million d’arrivées, 6,3 millions de nuitées et un taux d’occupation moyen optimisé à 66% au titre de l’année 2025. Si actuellement, la conjoncture est porteuse d’opportunités au niveau de la destination Agadir la question de la capacité litière est une équation à régler urgemment pour maintenir une croissance soutenue dans les prochaines années.

Un déficit de plus de 6.500 lits
Avec environ 31.402 lits, la capacité hôtelière d’Agadir, qui doit impérativement accompagner l’évolution des flux touristiques, est confrontée à trois défis majeurs. Le premier concerne le lourd fardeau des hôtels fermés, avec 19 établissements hors service.

Cette situation paralyse une partie significative de la capacité classée d’accueil de la destination, soit 2.445 chambres et 5.462 lits. Les établissements fermés représentent toutes les gammes. Les causes de fermeture sont variées : la pandémie de covid-19, des difficultés structurelles anciennes, des procédures de redressement judiciaire, les lourds chantiers de rénovation, et parfois, un manque total de visibilité stratégique empêchant la reprise de l’activité et témoignant d’une difficulté persistante à maintenir l’exploitation de ces actifs. La deuxième problématique porte sur les projets de construction à l’arrêt ou en situation de reconversion. Ils totalisent 594 chambres et 1.062 lits non opérationnels.

Ce bloc est dominé par l’arrêt de chantiers stratégiques, notamment celui du Kempinski Royal Palace et de plusieurs résidences de vacances, ainsi que par l’absence de valorisation de la parcelle abritant l’ex. Hôtel Salam. Au total, si on ajoute à ces deux catégories (établissements fermés et chantiers à l’arrêt) les résidences touristiques au niveau de la zone de Founty, ce sont plus de 6.500 lits qui font défaut à l’offre touristique de la destination.

Rénovation hôtelière : la SDR lance le 7e AMI
Parallèlement, les efforts de rénovation se poursuivent à travers le mécanisme de subvention à destination des établissements d’hébergement touristique lancé par la Société de développement régional du tourisme (SDRT).

Le premier appel à manifestation d’intérêt (AMI) a été lancé il y a plus de cinq ans, en faveur des propriétaires et gestionnaires des établissements hôteliers d’Agadir. Sur 13 établissements bénéficiaires, cinq ont pu achever les travaux de rénovation alors que huit unités sont toujours en cours de rénovation. Parmi elles, un hôtel dont les travaux seront prochainement lancés. À noter que la SDRT vient de lancer un septième AMI.

Pour rappel, le dispositif d’aide prévu à cet effet propose une aide financière incitative s’élevant à 30% du coût total des travaux, avec un plafond maximal de 10 millions de dirhams (MDH) par établissement. Le Mécanisme, doté d’une enveloppe globale de 120 MDH, mobilise plusieurs partenaires, dont le ministère du Tourisme (60 MDH), le Conseil régional de Souss-Massa (40 MDH) et la Commune urbaine d’Agadir (20 MDH).

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO


Par Med Mohamed Rial le Mercredi 4 Février 2026


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