Cette mise à niveau nécessitera un calendrier de 15 mois
Après une première phase de mise à niveau réalisée en prévision de la Coupe d’Afrique, le Grand Stade d’Agadir entre dans un nouveau cycle de travaux, programmé sur quinze mois. Le but est d’aligner l’enceinte sportive sur les standards internationaux édictés par la FIFA. Cette opération est segmentée en plusieurs lots ; le premier, au cœur de cette restructuration, englobe un périmètre technique, incluant notamment les travaux de déposes, gros-œuvre, étanchéité, revêtements, faux plafonds, menuiseries et peinture.
Toutefois, la charpente métallique et la couverture sont considérées comme les deux composantes majeures du chantier du stade. Pour cette raison, le projet impose aux entreprises en charge de la structure métallique et du toit plusieurs dispositifs, notamment travailler avec des outils numériques avancés dès le premier jour du chantier, offrant ainsi une «carte d’identité» précise et interactive de ces éléments, facilitant toutes les réparations ou vérifications futures.
Globalement, la planification du projet repose sur le concept 4D. Il constitue le pivot du suivi opérationnel en associant le calendrier de chantier aux maquettes numériques. Ce processus permet de visualiser l’avancement réel des travaux par rapport au planning théorique, facilitant ainsi la détection proactive des écarts de production.
Une double structure de contrôle
Par ailleurs, la réussite du projet repose sur un Plan d’assurance qualité (PAQ) conforme à la norme ISO 9001 version 2015. Ce plan impose une double structure de contrôle : un contrôle intérieur, intégré à la chaîne de production de l’entrepreneur (composé d’un contrôle interne par les exécutants et d’un contrôle externe indépendant), et un contrôle extérieur, exercé directement sous la responsabilité du maître d’ouvrage délégué. Le stade fait l’objet d’une gestion numérique via le processus BIM (building information modeling), défini par une convention contractuelle spécifique. Ce processus «Full BIM» impose à tous les intervenants de produire des maquettes numériques, facilitant la coordination spatiale et l’anticipation des conflits entre les différents lots.
Le projet impose une «Charte chantier à faibles nuisances»
En cohérence avec la certification HQE (haute qualité environnementale) Infrastructures durables, le projet impose également une «Charte chantier à faibles nuisances». L’entreprise est responsable de mettre en place les moyens nécessaires pour limiter les impacts environnementaux : tri sélectif des déchets avec un objectif de valorisation supérieur à 50%, protection des sols et des eaux contre toute pollution accidentelle, et gestion des nuisances acoustiques et visuelles pour les riverains.
La gestion des déchets est particulièrement détaillée avec six bennes de tri spécifiques, allant des déchets inertes aux produits dangereux. Le suivi est quotidien : reporting sur la consommation d’eau et d’électricité, registre de production des déchets et photographies régulières des zones de travail. Enfin, les entreprises doivent désigner un Responsable chantier vert (RCV) et produire un Plan d’assurance environnement (PAE) détaillé.
Par Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO