Dans la perspective de sa candidature à l’organisation de la Coupe du monde 2030, le Maroc a lancé un vaste programme de mise à niveau de ses infrastructures sportives, dont le Grand Stade d’Agadir qui a déjà bénéficié d’une mise à niveau dans le cadre de la Coupe d’Afrique et d’un vaste projet d’aménagement urbain et paysager des abords du complexe englobant les voiries, les parkings, l’aménagement du parc urbain ainsi que l’installation du mobilier et de l’éclairage public.
Dorénavant, le Grand stade d’Agadir mobilise un investissement global de plus d’un milliard de dirhams (MMDH) pour les préparatifs de la Coupe du monde 2030 dans le cadre d’une exécution s’étalant sur un calendrier de 15 mois. Le but est d’aligner l’enceinte sportive sur les standards internationaux édictés par la FIFA.
Ce projet, piloté par la Société nationale de réalisation et de gestion des équipements sportifs (SONARGES) et l’Agence nationale des équipements publics (ANEP), est segmenté en plusieurs lots ; le premier, au cœur de cette restructuration, englobe un périmètre technique, incluant, notamment, les travaux de dépose nécessaires à la réhabilitation des structures existantes. Il s’agit du démontage des équipements techniques, du retrait des anciens revêtements, des cloisons et des faux plafonds, suivis des travaux de gros-œuvre pour renforcer la stabilité de l’ouvrage.
Deux lots importants
La charpente métallique et la couverture sont considérées comme les deux lots les plus importants du stade. Pour cette raison, le projet impose aux entreprises en charge de la structure métallique et du toit plusieurs dispositifs, à commencer par travailler avec des outils numériques avancés dès le tout premier jour du chantier, offrant ainsi une «carte d’identité» précise et interactive de ces éléments, facilitant toutes les réparations ou vérifications futures.
Globalement, la planification du projet repose sur le concept 4D. Il constitue le pivot du suivi opérationnel en associant le calendrier de chantier aux maquettes numériques. Ce processus permet de visualiser l’avancement réel des travaux par rapport au planning théorique, facilitant ainsi la détection proactive des écarts de production. Par ailleurs, la réussite du projet repose sur un Plan d’assurance qualité (PAQ) conforme à la norme ISO 9001 version 2015.
Ce plan impose une double structure de contrôle : un contrôle intérieur, intégré à la chaîne de production de l’entrepreneur (composé d’un contrôle interne par les exécutants et d’un contrôle externe indépendant), et un contrôle extérieur, exercé directement sous la responsabilité du maître d’ouvrage délégué. Le Grand Stade fait l’objet d’une gestion numérique via le processus BIM (Building information modeling), défini par une convention contractuelle spécifique. Ce processus «Full BIM» impose à tous les intervenants de produire des maquettes numériques, facilitant la coordination spatiale et l’anticipation des conflits entre les différents lots.
Le projet impose une «Charte chantier à faibles nuisances»
En cohérence avec la certification HQE (Haute Qualité Environnementale) Infrastructures durables, le projet impose également une «Charte chantier à faibles nuisances». L’entreprise est responsable de mettre en place les moyens nécessaires pour limiter les impacts environnementaux : tri sélectif des déchets avec un objectif de valorisation supérieur à 50%, protection des sols et des eaux contre toute pollution accidentelle, et gestion des nuisances acoustiques et visuelles pour les riverains.
La gestion des déchets est particulièrement détaillée avec six bennes de tri spécifiques, allant des déchets inertes aux produits dangereux. Le suivi est quotidien : reporting sur la consommation d’eau et d’électricité, registre de production des déchets et photographies régulières des zones de travail. Enfin, les entreprises doivent désigner un Responsable chantier vert (RCV) et produire un Plan d’assurance environnement (PAE) détaillé.
Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO