Le 18 janvier 2022, le gouvernement annonce un plan d’urgence de 2 milliards de dirhams, destiné à soutenir les opérateurs et à préserver l’emploi. Parmi les principales mesures figurent la prolongation de l’indemnité forfaitaire de 2 000 DH par mois pour les salariés concernés au premier trimestre 2022, le report de six mois des cotisations sociales et la possibilité de différer jusqu’à douze mois certaines échéances bancaires.
Le dispositif prévoit également, avant l’avènement FZ Ammor, la prise en charge par l’État de la taxe professionnelle des établissements hôteliers au titre de 2020 et 2021, ainsi qu’une enveloppe d’un milliard de dirhams consacrée au soutien à l’investissement hôtelier, notamment pour la rénovation, la maintenance et la formation.
Ces mesures s’inscrivent dans le prolongement du contrat-programme touristique 2020-2022, adopté avant la nomination de la ministre. Elles visent à éviter que les difficultés de trésorerie ne se traduisent par des fermetures supplémentaires et des pertes d’emplois, tout en préparant la remise à niveau des établissements.
Reste néanmoins une zone d’ombre concernant les montants effectivement décaissés, le nombre d’entreprises bénéficiaires et les établissements ayant pu maintenir ou reprendre leur activité grâce à ces aides. Bref…
Cinq ans plus tard, le Maroc approche les 20 millions d’arrivées touristiques annuelles et affiche des recettes voyages de 138 milliards de dirhams en 2025. Le changement est incontestable. L’explication, elle, mérite davantage qu’un communiqué de satisfaction.
Le principal marqueur de son mandat reste la feuille de route 2023-2026, officialisée en mars 2023 et dotée d’une enveloppe annoncée de 6,1 milliards de dirhams. Elle a rompu, au moins dans sa conception, avec une approche trop centrée sur les destinations pour privilégier les expériences touristiques, la connectivité aérienne, l’investissement, la formation et la diversification de l’offre. Son objectif initial (17,5 millions de touristes et 120 milliards de dirhams de recettes en devises à l’horizon 2026) a été dépassé avant l’échéance sur les principaux indicateurs de fréquentation et de recettes.
Avouons-le ! Ce résultat traduit une meilleure capacité à capter les flux internationaux, à mobiliser les opérateurs et à inscrire le tourisme parmi les priorités économiques du pays. L’augmentation de la capacité aérienne, l’ouverture de nouvelles liaisons et le renforcement de la promotion internationale ont contribué à cette dynamique. En 2025, les arrivées ont atteint 19,8 millions, en hausse de 14 % sur un an. Les recettes voyages ont, quant à elles, dépassé 138 milliards de dirhams sur l’ensemble de l’année, selon le bilan présenté par la ministre au Parlement. Le bilan est donc solide sur le terrain de l’attractivité.
Seulement, la première zone d’ombre du bilan concerne la répartition des bénéfices. Le tourisme a généré 894 000 emplois directs en 2025, soit 92 000 de plus qu’en 2022, selon les données du Haut-Commissariat au Plan reprises par l’OCDE. C’est une avancée significative. Quid de la qualité de ces emplois? leur rémunération? leur stabilité et leur capacité à offrir de véritables perspectives de carrière? C’est très discutable ! Le secteur a du recruter davantage sans résoudre ses difficultés réelles de formation et de maintien des compétences.
Le bilan de Fatim-Zahra Ammor est donc celui d’une ministre qui quitte son poste après avoir accompagné une progression historique du tourisme marocain. La feuille de route a produit des résultats tangibles, et les réduire à de simples effets d’annonce serait injuste. Pour autant, attribuer à son seul département l’ensemble de cette performance le serait tout autant. La dynamique résulte aussi des investissements privés, de l’action de l’ONMT, de la connectivité aérienne et d’une stratégie nationale de développement qui dépasse le seul ministère.
Par mustapha amal premiumtravelnews.com