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L’ONMT, UN BUDGET SEMÉ AU VENT ?


Rédigé le Lundi 21 Juin 2021 à 21:30 | Lu 6 commentaire(s)


L’ONMT, UN BUDGET SEMÉ AU VENT ?

À l’heure où la Covid-19 a décrété un troisième round mondial, le secteur du tourisme retient son souffle face au risque d’une nouvelle année blanche. Dans ce flou artistique, l’ONMT a surpris tout le monde avec son plan de relance. Un peu prématuré ?

Le secteur touristique est un terrain miné. Les professionnels ne le savent que trop bien et les responsables qui s’y sont brulés les ailes également. Alors que dire lorsqu’une crise sanitaire de l’ampleur de la Covid-19 s’ajoute au décor ?

  Le secteur est à la dérive avec le risque d’une deuxième année blanche en raison de la troisième vague de la pandémie qui a incité le Maroc à fermer ses frontières à une liste de pays. Une liste qui ne cesse de s’allonger au gré de l’évolution de la situation pandémique très incertaine.

  Nous nageons dans une invisibilité totale quant à l’évolution de la situation épidémiologique dans le monde malgré l’espoir que suscitent la campagne de vaccination et le soutien des pouvoirs publics aux secteurs sinistrés.

  Certes les prémices de relance sont plus palpables pour certains secteurs mais pour d’autres, toute relance reste intimement liée à la pandémie.

   Le cas justement du secteur du tourisme, qui d’une locomotive de l’économie nationale est devenue une véritable épave. En effet, en plus de la pandémie, le secteur est en proie à une crise profonde de visibilité stratégique suite à l’échec cuisant de la stratégie Vision 2020.

  C’est dans ce sens que Nadia Fettah a été nommée ministre du tourisme pour donner un coup de boost et surtout plus de visibilité stratégique à un secteur vital. Une ministre obligée depuis sa nomination à jouer aux sapeurs-pompiers à cause de l’impact de la crise pandémique sur tout l’écosystème.

   La situation est tellement délicate que le Comité de veille économique a décidé de prolonger les aides, ce qui dénote de la fragilité de l’écosystème touristique, avec une prédominance de l’informel.

   Et voilà que  HYPERLINK « https://www.youtube.com/watch?v=dj24UA3H8ag » \t « _blank » l’ONMT lance son plan de relance en attendant la reprise, autour d’une marque nationale et d’une marque internationale. De quoi perdre son latin.

Avant de parler d’une relance, il aurait fallu d’abord faire le point sur les actions menées en 2020 notamment 3lamanetla9aw et Netla9aw f bladana et le niveau d’adhésion de la clientèle nationale à un tel effort marketing, des campagnes qui ont mobilisé de gros budgets. 

    Sachant que le client marocain garde toujours un mauvais souvenir du flop Kounouz Biladi. Dans de telles conditions, la composante essentielle qui doit être au cœur de toute stratégie de commercialisation de la destination Maroc semble absente : quel produit marocain sur lequel repose cette  HYPERLINK « https://www.ecoactu.ma/webtv-onmt-plan-de-relance/ » campagne, aussi bien auprès de la clientèle nationale qu’internationale.

   Une campagne lancée en grande pompe, dans une  HYPERLINK « https://www.ecoactu.ma/depenses-publiques-primatures/ » conjoncture des plus austères.

Le seul point que l’on puisse mettre à l’actif de cette nouvelle stratégie est d’avoir rompu le choix mené depuis 2015 de prioriser la desserte aérienne de la destination et les partenariats avec les Tour-Opérateurs, au détriment de la poursuite de la construction des marques de la destination.

  Encore faut-il partir d’un existant, d’un produit, d’une relance de l’ensemble du secteur pour savoir sur quoi communiquer. Et autant dire que l’ONMT va plus vite que la musique lorsqu’il est annoncé qu’une nouvelle campagne, préparée par l’une des plus grandes agences de communication mondiales, est en cours.

  Non seulement le secteur avance en terrain inconnu mais dans une conjoncture de vaches maigres, faire appel à une « des plus grandes agences de communication mondiales (en devises) » est en totale « disruption » de la réalité des caisses de l’Etat.

   Et du moment où le secteur ne dispose pas d’une feuille de route concertée et d’une action coordonnée, cela ne risque-t-il pas de compromettre les chances de relance de la destination avec tout le budget alloué (et non communiqué) par l’ONMT à une telle opération ?

  Ce n’est pas d’un plan de relance mais d’une réforme dont a besoin l’ONMT

   A sa création en 1918, l’ONMT s’est vu assigné comme principale mission de promouvoir et de commercialiser le produit « Maroc » aussi bien au niveau national qu’à l’étranger. Parcours semé de réussite mais trainant également des casseroles.

   Et pour cause, malgré cet outil de promotion et toutes les visions de Tourisme, la destination Maroc n’arrive pas à dépasser ses concurrents qui en quelques années l’ont largement dépassée.

Et pas faute de moyens investis par le pays.

  La pandémie est peut-être une bonne occasion pour partir de bon, du moins ce qui restera du secteur du tourisme dans son ensemble, et de revoir la méthodologie de travail qui a prévalu ces deux dernières décennies et opérer une disruption. Le modèle actuel a montré ses limites et poursuivre dans la même lancée, c’est se condamner à l’échec.

   Pour le cas de l’ONMT, bien qu’il faille continuer à inscrire le Maroc sur le radar des grands TO pour la prochaine saison estivale et profiter de la demande domestique, il serait temps d’enclencher une réforme de l’office.

   En juillet 2018, un rapport d’une commission parlementaire avait souligné l’incapacité de l’Office à s’aligner sur l’évolution que connait le marché du tourisme, principalement sur le volet du marketing, ainsi que le manque de coordination et de communication entre le ministre de tutelle, qui est le Président du Conseil d’administration et le Directeur général de l’Office. Et autant dire que les mêmes causes produisent les mêmes effets. En effet, à part l’ouverture d’une brèche dans le marché chinois, le Maroc tourne pratiquement avec les mêmes marchés émetteurs depuis son indépendance et une demande interne qui ne trouve toujours pas « produit » à son pied.

   Le même rapport a identifié un nombre de recommandations qu’il est temps d’enclencher notamment la révision de la loi régissant l’ONMT et la rationalisation et orientation des dépenses de l’ONMT en matière de promotion de la destination Maroc (Publicités, Annonces…) pour plus d’efficacité.

   La commission parlementaire a également souligné l’importance de développer le système de gouvernance de l’Office National Marocain du Tourisme par un dispositif de vigilance stratégique, notamment en matière de contrôle, de suivi et de l’évaluation de la rentabilité et la gestion des crises.

   Et bien évidemment, la commission s’est intéressée aux délégations de l’ONMT à l’étranger, un sujet qui a fait couler tant d’encre. Dans ce sens, elle recommande d’adopter un guide pratique rigoureux pour le travail des délégations à l’étranger en ce qui concerne la gestion financière et les nominations ainsi que d’élaborer un manuel de procédures approfondi pour garantir la transparence de la gestion financière de l’ONMT.

  La commission va jusqu’à recommander de regrouper les instances et les institutions publiques liées au secteur du tourisme dans une même autorité !

  Aujourd’hui, les caisses sont vides, la souplesse d’antan ne peut durer ad vitam aeternam, et le secteur se retrouve à un tournant : il faut atteindre coûte que coûte l’efficience avec un pilotage financier des plus rigoureux et en coordonnant les actions de l’écosystème pour plus d’efficacité.

  De toute façon, il n’y a pas une autre issue pour le secteur s’il veut reprendre son lustre d’époque.

 Source :  HYPERLINK « https://www.ecoactu.ma/ » https://www.ecoactu.ma/  Ecrit par Imane Bouhrara|










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