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LE TOURISME VECTEUR DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL. MOYEN JUDICIEUX DE RAPPROCHEMENT DES CIVILISATIONS ET DES HOMMES

Maroc : De nouvelles villes tirent le tourisme interne vers le haut


Rédigé le Lundi 23 Mars 2026 à 17:45 | Lu 34 commentaire(s)

Avec 12,1 millions de nuitées en 2025, soit 28 % du total national, le tourisme interne confirme sa montée en puissance. Au-delà des chiffres, une nouvelle dynamique s’installe : diversification des destinations, désaisonnalisation et montée en gamme. Porté par la campagne « Ntla9awfbladna », ce virage pourrait redéfinir durablement le modèle touristique marocain.


Ifrane ville capitale de la neige
Ifrane ville capitale de la neige

Le tourisme interne au Maroc ne se contente plus de jouer les seconds rôles. Jadis perçu comme une simple bouée de sauvetage en période de crise, il s’affirme aujourd’hui comme un moteur de croissance autonome et un levier stratégique pour l’équilibre territorial. La relance de la campagne nationale « Ntla9awfbladna » par l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) marque une étape décisive dans cette volonté de transformer durablement les habitudes de voyage des résidents, en les incitant à explorer la diversité des territoires au-delà des sentiers battus et des pics saisonniers.

L’analyse des données récentes révèle une montée en puissance incontestable de ce segment. En 2025, le tourisme interne a généré plus de 12,1 millions de nuitées, ce qui représente près de 28 % de l’ensemble des nuitées touristiques enregistrées dans le Royaume, selon Achraf Fayda, directeur général de l’ONMT. Cette performance s’inscrit dans une trajectoire ascendante : en 2024, le nombre de nuitées des touristes nationaux dans les hôtels classés s’élevait à environ 8,5 millions, soit 30 % du total. Ces chiffres témoignent d’un attachement profond des Marocains à leur propre territoire, mais surtout d’une volonté croissante de découverte et d’évasion locale.

Le tourisme interne redéfinit les destinations phares

Au-delà des volumes, c’est la nature même du voyage qui évolue. Les premiers mois de 2026 confirment une diversification géographique sans précédent. En janvier, alors que les nuitées nationales progressaient de 4 %, certaines destinations ont connu des bonds spectaculaires : Ifrane a bondi de 74 %, El Jadida de 48 % et Casablanca de 41 %, selon Achraf Fayda. Cette dynamique suggère un glissement vers un tourisme de proximité, plus fréquent et moins dépendant de la seule saison estivale. Le voyageur marocain moderne semble délaisser les séjours balnéaires massifs au profit d’expériences plus authentiques, souvent tournées vers la nature et les activités de plein air.

Cette mutation comportementale impose une adaptation structurelle de l’offre. Si l’hôtellerie classique de 3 et 4 étoiles demeure le socle de l’hébergement, les formes alternatives – gîtes, maisons d’hôtes, hébergements ruraux – connaissent une progression rapide. L’ONMT accompagne cette transformation en mettant en lumière des destinations à fort potentiel mais encore sous-exploitées par le marché national, telles que Dakhla, Laâyoune, Ouarzazate ou encore la région de l’Oriental. L’objectif est double : désengorger les pôles traditionnels comme Marrakech ou Agadir et irriguer économiquement des zones plus reculées.

Le défi majeur reste la pérennisation de cette demande tout au long de l’année. En encourageant les escapades printanières et hivernales, les autorités touristiques visent à réduire la dépendance à la saisonnalité, facteur de précarité pour de nombreux opérateurs. Cette stratégie de décentralisation et de diversification fait du tourisme interne un vecteur de résilience économique et de montée en gamme. En somme, le Maroc est en train de réussir le pari de faire de son propre marché intérieur le socle d’une industrie touristique plus équilibrée, plus durable et plus inclusive.


source: 
https://maroc-diplomatique.net/








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