Si les perspectives touristiques restent favorables pour la destination Agadir (qui englobe la ville d’Agadir, Aourir, Taghazout et Imi Ouaddar), notamment avec les échéances internationales à venir, dont la Coupe du monde 2030, la capacité d’accueil constitue désormais l’un des principaux défis de la destination.
Sur 50.455 lits et 310 établissements touristiques classés au niveau de la région Souss-Massa, la destination Agadir concentre 87,4% du parc, soit 44.081 lits disponibles et 170 unités classées. Cette capacité est appelée à se développer étant donné que la destination terminera l’année avec un taux d’occupation moyen qui devrait atteindre 70%, avec une pression sur la capacité existante en termes d’entretien. Cette perspective interpelle les investisseurs, alors que l’insuffisance des capacités d’hébergement pourrait freiner la progression de l’activité dès 2027.
En effet, Agadir concentre le plus grand nombre de fermetures d’hôtels (dont des fermetures permanentes, temporaires ou pour des opérations de rénovations) par rapport aux autres destinations. Actuellement, quelque 4.500 à 5.000 nouveaux lits sont prévus au sein de la destination, selon les professionnels. Leur réalisation devrait permettre d’alléger la pression sur l’offre hôtelière et de soutenir le retour à une croissance à deux chiffres tout en assurant la pérennité de la trajectoire de croissance.
À noter que la capacité d’accueil a augmenté de 5% par rapport à l’année passée, mais la demande progresse toujours plus vite que l’offre. Pour les neuf premiers mois de 2026 par exemple, les arrivées sont en hausse de 4,52%. On note +6,35% pour les nuitées sur la même période.
Les ouvertures d’hôtels prévues
Pour faire face à une demande toujours plus importante, des chantiers majeurs ont été lancés. Ils devraient permettre de faire retomber la pression sur la capacité d’accueil d’Agadir. Il s’agit notamment de l’hôtel Royal Mansour avec son parcours golfique – le quatrième au niveau national – à Tamaouanza (nord d’Agadir). Parallèlement, l’enseigne TUI Magic Life d’Agadir, dont les travaux avancent à un rythme soutenu, devrait apporter 427 chambres supplémentaires. Cet établissement 5 étoiles, situé en front de mer, devrait ouvrir ses portes à l’été 2027. Pour rappel, c’est l’ancien Club Med d’Agadir, village-hôtel de la CDG cédé au groupe Tikida, qui abritera cette marque.
De son côté, le groupe marocain Al Maghribia Lil Istitmar a lancé le chantier de son quatrième établissement à Agadir sous sa marque «Dominium Hôtels et Résidences» dans la zone de Sonaba. La Fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l’éducation-formation s’apprête, en parallèle, à lancer un hôtel classé de 4 étoiles pour quelque 160 MDH. En matière de rénovation, l’hôtel Almouggar Garden Beach, en front de mer à Agadir, bénéficie actuellement d’un vaste programme qui lui permettra de moderniser l’ensemble de ses infrastructures.
Ce chantier vise à repositionner cet établissement parmi les références hôtelières du front de mer. Son importante capacité (410 chambres, soit plus de 800 lits), sera intégralement conservée. Quant au Sofitel Agadir Royal Bay Resort, il a lancé la rénovation d’une partie de son parc. Du côté de la marina d’Agadir le chantier de l’enseigne Double Tree Hotel & Résidences by Hilton est lancé. Il s’agira de la première ouverture d’un hôtel Hilton dans la ville d’Agadir, après celui de la station de Taghazout, en plus des unités à venir, à Anchor Point suite Imssouane, ou encore Founty Agadir.
Le fardeau des hôtels fermés
Notons par ailleurs qu’Agadir Seaside Club, filiale de Foundoukia Holding, a finalisé l’acquisition de l’hôtel Tivoli à Agadir, qui compte 280 chambres et suites. Cette opération marque l’entrée de Foundoukia Holding à Agadir. Pour rappel, Foundoukia Holding est un groupe marocain qui détient l’hôtel Sol Oasis Marrakech by Meliá et l’Iberostar Club Palmeraie Marrakech. Le Tivoli, acquis auprès de CIH Bank, s’inscrit dans la stratégie de développement de Foundoukia Holding et dans sa volonté de contribuer au renouvellement de l’offre touristique au Maroc.
Avec cette acquisition, son portefeuille dépasse désormais les 800 chambres. Le groupe est également partenaire de groupes hôteliers internationaux tels que Meliá, Iberostar et IHG. À cela s’ajoute l’acquisition de l’Atlantic Palace Agadir pour environ 400 MDH par la famille Bauchet-Bouhlal, propriétaire de l’hôtel Es Saadi à Marrakech. Le rachat englobe l’ensemble du complexe hôtelier ainsi que son casino. Toutefois, plusieurs hôtels, qui peuvent changer la donne en termes de développement de capacité litière, sont toujours fermés depuis des années et sans aucune visibilité par rapport à leur sort.
Il s’agit d’environ 19 établissements totalisant plus de 6.500 lits qui restent hors service jusqu’à présent. Ces hôtels, ou projets inachevés, abandonnés à leur sort, altèrent le paysage urbain et limitent le développement de la capacité litière. Il faut signaler par ailleurs que le fonds de reprise, déjà annoncé, n’a toujours pas été activé par le ministère du Tourisme. Ces hôtels sont situés, pour la plupart, au niveau des deuxième et troisième lignes de la destination Agadir et dans la zone Founty. Situés à des emplacements stratégiques de la ville, ces unités constituent des points noirs, en particulier l’hôtel Kempinski Royal Palace.
Le chantier, qui devait normalement renforcer depuis septembre 2010 la capacité de la destination, est en stand-by depuis plus d’une décennie. Il en est de même pour le Transatlantique, le Club la Kasbah, le Ryad Mogador, l’hôtel Salam, les Oumeyades et bien d’autres unités.
Source : Les Inspirations ÉCO par Yassine Saber
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