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LE TOURISME VECTEUR DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL. MOYEN JUDICIEUX DE RAPPROCHEMENT DES CIVILISATIONS ET DES HOMMES


En regard des mutations profondes que connaît le secteur touristique au Maroc, la Fédération Nationale du Transport Touristique-CGEM (FNTT) appelle le gouvernement à revoir certains aspects de la réglementation : la limite d’âge d’exploitation des autocars de tourisme des séries T (1ère, 2ème, 3ème). Actuellement fixée à 12 ans, cette durée est jugée inadaptée aux réalités économiques, techniques et internationales du secteur. Dans cet entretien, Rachid Bouamara, président de la FNTT, expose avec rigueur les fondements de cette demande et ses implications concrètes.


FNTT: « Il est temps d’adapter la législation à la réalité du terrain »

Monsieur le Président, pourquoi avoir décidé de saisir officiellement le Ministère du Transport sur cette question ?

Nous ne plaidons pas pour un assouplissement sans fondement, mais pour une réforme réfléchie, argumentée et vitale. L’âge limite d’exploitation des autocars touristiques, fixé aujourd’hui à 12 ans, ne correspond plus ni à la réalité mécanique des véhicules modernes, ni aux contraintes économiques que vivent les opérateurs, en particulier les petites et moyennes entreprises. Nous avons formulé cette demande pour porter un message clair : maintenir cette limite sans révision menace directement la viabilité de centaines d’acteurs du tourisme marocain.

Quels sont les principaux obstacles que vous soulevez ?

Le premier, c’est le coût d’acquisition des autocars neufs. Aujourd’hui, pour acquérir un véhicule aux normes internationales, il faut compter entre 2,5 et 3 millions de dirhams. C’est un investissement colossal, surtout dans un contexte post-Covid, marqué par une fragilité persistante de la trésorerie des transporteurs touristiques. Il faut comprendre que le renouvellement du parc ne peut pas être dicté uniquement par un calendrier administratif, mais doit intégrer des critères économiques tangibles.

Ensuite, il y a le faible kilométrage moyen des autocars touristiques. Nos véhicules roulent en moyenne 60 % moins que ceux du transport public régulier. Leur usure est donc bien plus lente, et leur état de fonctionnement peut rester excellent bien au-delà des 12 ans, surtout si l’entretien est rigoureux, comme c’est généralement le cas chez nos adhérents.

Mais qu’en est-il des normes de sécurité ? Ne sont-elles pas liées à l’âge du véhicule ?

La question de la sécurité est primordiale, et nous ne la négligeons en aucun cas. Mais les avancées technologiques des quinze dernières années ont radicalement changé la donne. Les nouveaux moteurs, les boîtes automatisées, les systèmes de freinage intelligents ou les chaînes cinématiques durables ont prolongé la durée de vie utile des véhicules sans compromettre leur sécurité. Nous proposons donc un encadrement renforcé sur l’entretien mécanique et les visites techniques, mais pas une interdiction arbitraire après 12 ans.


FNTT: « Il est temps d’adapter la législation à la réalité du terrain »

D’autres pays ont-ils adopté une approche plus souple ?

Absolument. Le Maroc est l’un des rares pays touristiques à maintenir une limite aussi courte. En Turquie, en Espagne, ou encore en Afrique du Sud, il n’y a pas de seuil fixe d’âge : l’autorisation d’exploitation repose sur des critères techniques, pas uniquement sur la date de mise en circulation. Ce modèle pragmatique favorise la compétitivité sans nuire à la sécurité. Aujourd’hui, nos transporteurs se trouvent donc désavantagés face à leurs homologues étrangers, alors même que nous partageons les mêmes marchés touristiques.

Quel rôle cette réforme pourrait-elle jouer dans les événements internationaux à venir ?

Il faut bien comprendre que la Coupe d’Afrique 2025 et la Coupe du Monde 2030 ne sont pas des événements ordinaires. Ils impliquent une mobilisation logistique sans précédent. Le Maroc ne pourra pas honorer ses engagements si les transporteurs touristiques sont freinés par des contraintes réglementaires rigides. Étendre la durée de vie autorisée des autocars de tourisme à 15 ans permettrait de mobiliser rapidement une flotte suffisante, sans exposer l’État à des coûts supplémentaires ni retarder la réponse aux besoins du terrain.

Certains pourraient vous accuser de vouloir baisser les standards…

C’est l’inverse. Nous ne cherchons pas à fuir nos responsabilités, mais à construire un cadre responsable, réaliste et durable. La FNTT a toujours plaidé pour la qualité de service, la modernisation, et la formation continue. Mais la pérennité d’un secteur stratégique comme le nôtre ne peut reposer sur des règles figées qui ne tiennent pas compte de l’évolution technique et économique. Il s’agit ici d’un ajustement pragmatique, pas d’un relâchement.

Concrètement, que proposez-vous au ministère ?

Nous demandons une révision réglementaire ciblée, portant la durée maximale d’exploitation à 15 ans pour les séries T, avec en contrepartie un renforcement des contrôles techniques annuels dès la 10ᵉ année. Nous proposons également un cadre d’audit qualité pour les opérateurs volontaires, qui permettra de garantir que les véhicules plus anciens répondent à toutes les exigences de sécurité et de confort. Le but n’est pas de généraliser l’usage de véhicules anciens, mais d’introduire de la flexibilité intelligente.

Un dernier mot ?

Oui. L’hospitalité marocaine commence par le transport. Si nous voulons accueillir des millions de visiteurs dans de bonnes conditions, soutenir nos régions, créer de l’emploi et consolider l’image du Maroc, nous devons avoir un outil de transport touristique fort, structuré et adapté à la réalité. Nous sommes prêts à dialoguer, à collaborer, à faire évoluer notre propre pratique. Mais pour cela, nous avons besoin d’un cadre réglementaire qui regarde l’avenir, pas le passé.

Source:  premiumtravelnews.com  par mustapha amal

Par Med Mohamed Rial le Jeudi 17 Juillet 2025


Le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie Sociale et Solidaire a annoncé trois améliorations majeures du programme « Go Siyaha », afin d’élargir son impact, de stimuler l’investissement et de favoriser la création d’emplois dans le secteur touristique.


Go Siyaha : le programme s’ouvre à tous les porteurs de projets touristiques
Déjà fort de 1.000 projets accompagnés, le programme élargit désormais ses critères d’éligibilité pour toucher un plus large éventail d’entrepreneurs. Ces nouvelles dispositions entreront en vigueur à partir du 22 juillet 2025.

Suppression du seuil minimal d’investissement
Le seuil d’investissement initialement fixé à 1 million de dirhams est supprimé. Les projets de moindre envergure peuvent désormais bénéficier de l’appui de Go Siyaha. Cette mesure permet d’intégrer des initiatives telles que les maisons d’hôtes, les coopératives locales ou encore les centres d’animation, souvent portés par de jeunes entrepreneurs.

Soutien élargi aux entreprises existantes
L’appui à l’investissement, auparavant réservé aux nouvelles entreprises, est désormais accessible aux structures déjà en activité souhaitant développer une nouvelle offre d’animation. Cette évolution permet de tirer parti de leur expérience, de leurs ressources et d’accélérer la mise en œuvre de projets à fort potentiel.

Accompagnement renforcé dès l’amorçage
L’assistance technique, qui ciblait jusqu’ici les entreprises établies, est désormais ouverte aux nouveaux entrants. Elle vise notamment à soutenir le montage de dossiers financiers et à structurer les projets dès leurs premières étapes, facilitant ainsi leur lancement et leur pérennité.

Un programme évolutif au service des talents marocains
« Ces évolutions témoignent de notre volonté d’adaptation permanente aux besoins des entrepreneurs », a déclaré la ministre Fatim-Zahra Ammor, soulignant que le programme Go Siyaha est conçu pour accompagner tous les talents marocains dans la création de projets d’animation innovants adaptés aux spécificités régionales.

Inscrit dans le cadre de la feuille de route 2023-2026 du tourisme, le programme ambitionne d’accompagner 1.700 entreprises touristiques d’ici 2026. Il s’inscrit pleinement dans les efforts de diversification de l’offre nationale et de stimulation de l’investissement dans l’animation touristique.


Source : industries.ma
 

Par Med Mohamed Rial le Jeudi 17 Juillet 2025


Chronique : Nouveaux profils de pseudo-journalistes: ils vous filment sans prévenir, puis vous harcèlent pour vous faire payer la facture. Nouveau business model?


Soumaya Naamane Guessous
Soumaya Naamane Guessous
J’ai été abordée par un profil douteux. Son microphone portait le nom de MAP écrit en grand et d’un chiffre à peine visible.

Je pensais qu’il s’agissait de l’agence officielle. Dès le début de mon parcours d’écrivaine, j’ai pris l’engagement de ne jamais refuser de répondre à la sollicitation de journalistes et d’étudiants.

J’ai donc accepté d’être interviewée sur la question des enfants de la rue. À peine ai-je commencé mon propos qu’il m’interrompt: «Et ces immigrées africaines qui viennent accoucher dans notre pays, alors que nous sommes musulmans?

J’ai aussitôt mis fin à l’interview, en m’excusant: «Ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui».

Mécontent, il me poursuivit un bon moment: «Wa t-halaye fya» (Prends soin de moi). Je n’ai pas compris. Il continue: «Wa daouri mâana» (Donne-moi de l’argent). Je lui demande pour quelle raison. Il répond: «Wa hna sahafyine!» (Nous sommes des journalistes).

Moi, les journalistes, je les connais depuis les années 80, professionnels, éduqués, respectueux de leur dignité. Des journalistes-mendiants, je viens à peine de les découvrir.

Il a continué à me harceler au point où j’ai dû élever la voix pour qu’il cesse. Ensuite il a collé le conférencier pour l’interviewer au moment où nous devions quitter la coupole. N’ayant pas pu lui soutirer de l’argent, il revint à la charge avec moi: «Daouiri mâaya, ton mari ne m’a rien donné». Mon mari, c’était le conférencier. Là, j’ai dû élever la voix encore plus, ce qui est désagréable même pour moi. Mais comment me comporter face à cette mendicité agressive.

Les faux journalistes sont nombreux. Ils débarquent aux conférences, sans accréditation claire, filment, posent des questions pour se donner une légitimité, puis attendent la fin de l’événement pour passer à l’offensive: vendre des photos et des vidéos. Ce phénomène, de plus en plus fréquent dans les salons, conférences, tables rondes, ternit l’image du journalisme.

Ils n’ont ni accréditation ni légitimité journalistique. À peine avez-vous terminé votre intervention qu’ils surgissent, vous brandissent un micro sous le nez, et vous bombardent de questions.

L’objectif est clair: vous faire parler à tout prix, créer du contenu à monétiser, puis vous le proposer avec insistance contre rémunération.

Ils vous courent derrière, vous demandent votre numéro de téléphone pour vous envoyer les photos et les vidéos. Mais il faut payer à l’avance: «Thala fina».

Ils vous culpabilisent: «Aide-moi, je suis journaliste». Ils peuvent vous suivre jusqu’à la voiture. «Tâaouni mâaya akhti» (Aide-moi).

Je suis gênée. Je donne un billet bleu au premier, m’excuse auprès des autres. Mais il y a toujours un qui vous colle: «Wa rani khdamete mâak mine goubila» (Je travaille avec toi depuis tout à l’heure)». Je lui suis redevable alors que je ne lui ai rien demandé.

Les vrais journalistes les appellent moul l’pounja, journaliste de l’éponge. Ils sont munis d’un microphone, entouré d’une éponge, avec un nom inscrit dessous, censé être celui du journal ou du site pour lequel ils travaillent. Tous les journalistes ont ce genre de microphone, mais aujourd’hui, on rencontre beaucoup d’hommes qui présentent ce genre de microphone, sans nom ou celui d’un site électronique qu’ils ont eux-mêmes créé.

Ils n’ont pas de badge officiel, pas de média identifié, juste une caméra vissée à la main ou, surtout, des smartphones.

Maintenant, quelle attitude avoir? Souvent, les émotions l’emportent et je cède, en me disant que ce sont des jeunes dans le besoin. Mais en agissant ainsi, peut-être que je cautionne des comportements non éthiques.

Il me semble, à moins que je me trompe, que cela porte préjudice à la profession déjà fragilisée par la désinformation et les réseaux sociaux.

Le code de la presse au Maroc encadre la pratique journalistique. Seuls les journalistes disposant d’une carte professionnelle délivrée par le Conseil national de la presse sont autorisés à exercer. Mais il y a beaucoup de fausses cartes de journaliste.

Sur le terrain, les organisateurs d’événements n’exigent aucun justificatif.

Est-ce de l’usurpation journalistique, une logique marchande détournée qui n’a rien à voir avec l’éthique journalistique?

Quelle attitude adopter? Considérer que ce sont des jeunes qui essayent de travailler et les encourager? Demander aux organisateurs d’événements de vérifier les identités des médias présents et d’interdire toute captation non autorisée. Compliqué.

Refuser de donner de l’argent?

Il est vrai qu’Internet et les réseaux sociaux ont permis à tout détenteur d’un smartphone de s’improviser reporter. Accepter cette réalité?

Est-ce une dérive dans l’écosystème médiatique? La perte de repères entre journalisme citoyen, amateurisme et pratiques commerciales abusives?

Ce qui est certain c’est que ce malaise est ressenti par toutes les personnes assaillies par ces faux journalistes.

Les réponses à ces questions? Je ne les ai pas. Sincèrement, je reste perplexe.
 
Par Soumaya Naamane Guessous
Le 04/07/2025 à 12h01
Le 24 juin, signature du livre de Chakib Guessous, «Survivre: enfants et jeunes de la rue», au sein de la Coupole du Parc de la Ligue arable. De nombreux journalistes. Et de faux journalistes.
 
Source : Le 360 Français https://share.google/zALaK1AC3HxZkyURj
 


 

Par Med Mohamed Rial le Dimanche 13 Juillet 2025


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